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Baja SSV Morocco 2022 : TDSPP. Tout Droit Sur Piste Principale

Ce matin au petit déj, tout le monde parlait de spéciale de nuit. Chacun avait sa petite idée sur la question, mais en règle générale, tout le monde apprécié ce baptême. Aujourd’hui, la ES3, devait être la plus belle, mais aussi, la plus dure du rallye avec deux spéciales chronométrées (S1 et S2). Tout y est : Déjà par les trois cordons de dunes : 7 kms, 5 kms et 13 kms, soit un total de 25. Puis, il y aura la traversée d’oueds ensablés et un passage d’herbe à chameau. Ces fameux petits arbustes, très courts et très durs, dont seuls les chameaux peuvent les manger. Ensuite, les concurrents devront trouver la passe étroite de Bega pour monter entre les rochers sur une montagne.

Ensuite, les concurrents retrouveront des pistes du style WRC et les petites dunettes de Merzouga pour une arrivée, au pied de l’hôtel.

Par conséquent, un menu complet avec entrée, plat, fromage et dessert. Finalement, C’est un excellent condensé de ce qui attend les concurrents, car les actes et les comportements n’ont d’intérêts que s’ils ont un sens.

Une journée ‘’Galipettes !’’

Le départ est donné à 8h30 derrière la station Africa sous un soleil bleu azur. Sébastien Guyette se présente le premier sur la grille de départ en observant dans son rétro son adversaire le plus proche, le #101 Hugues Lacam.

Va-t-il tenir la cadence ? En tout cas, le pilote Belge du Team Mercier est remonté comme un coucou. Mais au-delà de la performance de la veille, il aura aussi le privilège non négligeable de s’élancer le premier sur les pistes, sans la poussière.

Depuis hier, on sent qu’il y a des bisbilles entre le premier et le deuxième. C’est parti sur les chapeaux de roues « La définition : Sur les chapeaux de roues provient du mot chapeau ‘’Les enjoliveurs’’ ces protections qui protégeaient l’axe central des roues. Partir à vive allure sur les ‘’enjoliveurs’’, autrement dit, c’est de  balancer le véhicule sur les chapeaux de roues.

Force est de constater qu’aujourd’hui, plusieurs véhicules se sont envolés dans le ciel pour réaliser des belles galipettes acrobatiques. Sur la Baja SSV, l’entraide à parfaitement fonctionner puisque plusieurs équipages sont venus à la rescousse des acrobates pour remettre sur pied, pas moins de cinq véhicules, qui avaient décidé de faire de la barre parallèle dans les cordons de dunes.

Merci aux équipages qui ont parfaitement réagis à cette situation. De plus, aucun bobo, juste de la tôle froissée. Ces mésaventures font parties des multiples péripéties qui peuvent se produire, au gré des étapes, et c’est aussi ce qui explique ce grade de solidarité qui lie les acteurs de cette épreuve.

Plus loin, Noël de Burlin #103 et Hantz #105 scrutent la moindre écart et la   moindre erreur des deux protagonistes.  Face à face dans les stands depuis 5 jours, les deux Teams (Mercier et Pinch) s’observent depuis leur arrivée à Merzouga. Les cinq premiers au classement général savent que dans cette discipline, une fraction de seconde d’inattention suffit pour perdre le contrôle du véhicule, et que son adversaire l’assène d’un coup fatal. Dans cette discipline, la capacité de surprendre ses adversaires est la clef de la victoire, Par conséquent, tout le monde reste sur ses gardes. Christophe Paquereau #116 roule depuis le km 10, sans frein. Il devra jouer les acrobates encore sur 205 kms.

Coup de théâtre, au km 80 dans les dunes d’Ouzina, Sébastien Guyette se plante dans le sable. Les équipages # 101, 104, 116 et 103 en profitent pour se faire la tangente à toute berzingue ! Pendant ce temps, l’équipage Italien #106 Gaspari/Ceci casse une rotule avant. Aussitôt, le directeur de course envoie un dépanneur pour constater les dégâts. Devant, Hugues Lamam #101, sait que c’est plus difficile de sortir seul d’un mauvais pas dans le sable mou. Du coup, il envoie du bois, le garçon ! sur cette échappée belle au long court.

Dans cette belle étape, on est bien rentré dans l’arène des ‘’Gladiateurs’’, car c’est bien connu, un combattant ne compte pas seulement sur ses propres forces : il se sert aussi de l’énergie de son adversaire. Il découvre rapidement que l’enthousiasme et les ruses qu’il a apprit à l’entraînement, ne suffisent pas pour vaincre. L’expérience est aussi nécessaire dans ce genre d’épreuve. La S1 est remportée par l’équipage #104 Devaine/Gaidella en 01 :37 :42 devant Lacam Delfino 01 :38 :09

Le reste de la caravane avale les kms sans broncher. Chacun à son rythme, les concurrents profitent de ces belles pistes qui ont été tracées spécialement pour eux. Il y a des petits bobos mécaniques par ci, par là, mais rien de grave avant d’entrer dans la S2. En conséquence, nous devrions assister à une bagarre finale de toute beauté. Vexé, touché, mais pas coulé, Sébastien Guyette #102 revient rapidement sur le trio de tête. Le couteau entre les dents, il glisse sur le sable à la vitesse d’un Cobra, toujours prêts à bondir sur sa proie.

De cette guerre fratricide entre les deux premiers, Christophe Paquereau #116 se fait la malle au volant de son Can-Am. Au diable vauvert, il affronte les dernières difficultés ensablées d’un terrain qui lui est plutôt favorable. En revanche, le #103 De Burlin est arrêté sur le bord de la piste pour raison mécanique.

Entre les deux premiers au classement général, c’est ‘’court après moi que j’attrape !’’ Guyette repasse devant Lacam qui malheureusement fait une erreur de nav. Cette faute enclenche aussitôt un petit jeu du chat et la souris, avec Christophe Paquereau qui, à cet instant, prend le large. Tel un Capitaine de vaisseau ‘’El Conquistador’’ affronte en solitaire le dernier tronçon de la mer de sable. Jean-Marc Devaine #104 résiste et suce la roue pour un temps du Can-Am, de Guyette, qui lui est parti à la chasse à la ‘’Gallinettes Cendrée !’’.

Plus le temps passe et plus ça ferraille dans les habitacles. La caravane commence à ressentir les fortes chaleurs avec des reflets ocre des dunes de Merzouga. C’est dans cette période où le soleil est au zénith qu’il faut être attentif au moindre symptôme physique qui pourrait déstabiliser les organismes.

Cette S2 est remportée par Christophe Paquereau #116 Can-Am.

#111 Axel Knauff/André Lausberg Can-Am

Axel. « J’étais déjà venu sur la première édition pour me familiariser avec le désert. J’avoue que cette année, il y a une grande différence, l’organisation est top et le roulage parfaitement adapté à notre conduite. Avec moi, j’ai comme copilote André, qui lui est un pilote d’asphalte renommé puisqu’il a déjà participé à neuf Maroc Classic sur Porsche 911 et sur plusieurs épreuves à SPA. Pour DD, c’est une première en nav, je dois dire qu’il assure vraiment. En tout cas, dans l’habitacle, il y a de l’animation, mais, c’est toujours dans un profond respect. Étant moi-même pilote sur circuit, j’aime de plus en plus cette discipline et j’espère bien revenir sur la troisième édition ».

Classement général à la ES3 :

# 102 Guyette 10 :21 :36

# 101 Lacam/Delfino 10 :32 :22

# 105 Hantz/Hantz 10 :47 :38

# 116 Paquereau 10 :49 :33

# 109 Enjolras 11 :20 :34

Texte : Gilles David

Photos : ActionGraphers

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